« Les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste. »
Vous avez peut-être raté cette petite phrase. C’était le 30 janvier 2026, au micro de France Info. Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’IA et au numérique, venait de lâcher une bombe à la fin d’un entretien sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Depuis, plus personne n’est très sûr de ce que le gouvernement pense vraiment des VPN. Et c’est précisément ce flou qui a poussé un député à sortir la sulfateuse parlementaire.
🧐 Un député s’invite dans la danse
Philippe Latombe (Les Démocrates, ex-MoDem) a posé une question écrite à la ministre le 12 mai 2026. Son argument ? L’État raconte n’importe quoi.
Voici son raisonnement, imparable à première vue :
- D’un côté : pendant le Covid, l’État a encouragé les agents publics à utiliser des VPN pour télétravailler en toute sécurité.
- De l’autre : aujourd’hui, quand un citoyen ordinaire se connecte à un site administratif avec un VPN, on lui refuse l’accès. Message type : « Votre connexion est incompatible avec nos exigences de sécurité, veuillez désactiver votre VPN. »
La conclusion du député est cinglante :
« Comment l’État peut-il prôner l’usage d’un VPN pour ses agents et le refuser à ses administrés ? »
🇪🇺 L’Europe aussi regarde les VPN de travers
Le timing n’est pas anodin. À Bruxelles aussi, on parle de « resserrer la vis ». Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la souveraineté technologique, a évoqué cette perspective. Face à la levée de boucliers, Bruxelles a vite démenti en précisant qu’il n’était pas prévu de contraindre les VPN pour empêcher les mineurs de s’inscrire sur les réseaux sociaux.
Mais le mal est fait. L’idée est dans l’air.
⚠️ Le vrai sujet : la vérification de l’âge
Derrière ce micmac, il y a une question concrète : comment empêcher un mineur de contourner l’interdiction des réseaux sociaux avec un VPN ? La ministre l’a suggéré en janvier. Le député veut savoir si c’est toujours d’actualité.
Selon Philippe Latombe, ce serait une fausse bonne idée avec deux défauts rédhibitoires :
- Un risque cyber accru : pénaliser les VPN, c’est affaiblir la sécurité numérique de tous.
- Un coup de frein au télétravail : alors même que le gouvernement veut justement développer le télétravail dans la fonction publique face à la crise des carburants.
🔍 La distinction qui fâche
Attention, nuance importante : la ministre parlait surtout des VPN commerciaux (NordVPN, ExpressVPN, CyberGhost…), pas des VPN d’entreprise utilisés par les agents publics.
Le député l’a-t-il oublié ? Peut-être. Mais la question reste légitime : sur le fond, pourquoi ce deux poids, deux mesures entre agents publics et citoyens lambda ?
💬 Et vous, vous en pensez quoi ?
Est-ce que l’État a un problème avec les VPN ? Faut-il vraiment s’inquiéter d’un future blocage ? Ou ce n’est qu’une tempête dans un verre d’eau numérique ?
Rappel important : utiliser un VPN est parfaitement légal en France. Ce débat ne change rien pour l’instant. Mais il montre bien que le gouvernement tâtonne sur le sujet.
Source: Numerama









